
| Les Meraglim | Nombres de vues : 1,230 |
Un des épisodes les plus marquants de l'histoire du peuple d'Isra‰l est celui des explorateurs. Le texte de la Torah nous relate qu'avant de rentrer en Isra‰l, Moché envoie douze individus que la Torah appelle anachim afin de bien préciser leur haute stature spirituelle. Ces explorateurs, à l'issu de quarante jours en Isra‰l reviennent, font un rapport catastrophique sur la difficulté à conquérir la terre et, à travers cela, découragent le peuple juif à s'y rendre.
Nos MaŒtres du Talmud expliquent cette attitude surprenante de par le fait qu'ils ont inversé l'ordre des lettres de l'alphabet hébra‹que en faisant apparaŒtre d'abord la lettre pé avant la lettre ayin. Ce texte est assez sibyllin et le Maharal de Prague en donne l'explication suivante : la lettre pé signifie également la bouche, organe de la parole, et la lettre ayin signifie 'il, organe du regard. Le regard voit une réalité, la parole la décrit et l'interprète. Lorsque la parole précède le regard, c'est ce que l'individu a envie de dire qu'il va réussir à voir. Autre formulation, il verra dans les choses la partie qui justifie une pensée préexistante. En ce qui concerne les méraglim, ils avaient terriblement peur d'arriver sur cette terre car ils pressentaient que leur prérogative de chefs disparaŒtrait et que leurs r“les seraient attribués à d'autres. Cela obéissait à une certaine logique car on n'exige pas les mêmes qualités d'une personne qui a la responsabilité d'un peuple en mouvement et d'une personne qui doit organiser politiquement et économiquement un peuple sédentaire. Même si les méraglim ne voulaient pas se l'avouer, leur regard sur la terre a été brisé par le désir inconscient qu'ils avaient de rester dans le désert. Lorsqu'ils virent des villes fortifiées, ils décidèrent de percevoir là une conquête difficile, alors que la fortification d'une ville exprime au contraire la faiblesse et la peur de ses habitants.
A l'image de ces méraglim, combien de fois n'avons-nous pas tendance à voir dans les évènements ce qui nous arrange pour justifier notre pensé ' Cette vision que l'on pourrait presque qualifier de partisane des choses nous amène à cautionner des choix sans s'offrir la liberté d'imaginer d'autres possibilités. Une crise de colère chez quelqu'un va nous conforter dans des désirs de rupture alors qu'elle ne peut être parfois que l'expression d'un profond désarroi et d'un maladroit appel au secours. Une mauvaise note corrobore l'idée de la paresse alors qu'elle peut être parfois une manière ultime d'appeler un regard parental totalement absent. Imaginez une photo légèrement floue :pour certains, cela s'appellera une 'uvre d'art et sera considérée par d'autres comme une prise de vue complètement ratée. Il est certes vrai qu' il est extrêmement difficile d'être s–r que notre regard n'est pas conditionné ! Il serait donc intéressant, face à une situation que l'on observe, d'envisager différentes manières d'interpréter les choses. C'est le fameux principe du quiaditque (qui a dit que). L'idée est simple : je vois une chose, je la comprends d'une manière. Suis-je capable d'imaginer une fa‡on complètement différente de la prendre, de la vivre, de l'interpréter ' C'est cette liberté dans la manière dont je vais comprendre les événements qui va être fondatrice en ce qu'elle me permet d'explorer un champs nouveau de possibles. Et c'est après que vont s'organiser mes choix de vie et que je vais mettre en place une démarche structurée et structurante. Cela risque, bien s–r, d'obliger l'individu à sortir de son train-train quotidien, de ses rythmes de vie qui, même s'ils sont parfois sont trépidants, restent néanmoins confortables : se confronter à une autre manière de vivre sa vie - qui tout en restant dans le cadre de la Thora peut nous obliger à quitter un plan de carrière. Ceci est un acte de courage, qualité qui manque de plus en plus à bon nombre d'entre nous. A ce sujet l'histoire de Rabbi Hiya est particulièrement édifiante. Ce grand MaŒtre du Talmud n'a pas eu peur de partir à pied dans les petits villages d'Erets Isra‰l afin d'enseigner la Thora aux petits enfants, confectionnant lui-même les Sefer Thora sur lesquels ils allaient étudier. Il sortait sans doute de l'image classique que l'on aurait pu se faire du MaŒtre, mais ce faisant il construisait le futur du peuple d'Isra‰l. Il aurait pu voir la situation comme étant un manque au niveau des parents et des " structures ".
Il a imaginé que peut être c'était l'absence de don de soi qui était à l'origine du désintérêt des enfants. Et il a commencé par lui-même '
A méditer !









